L’avis des experts

Tristan Nitot (Mozilla)

1602075-tristan-nitot-le-principal-evangeliste-de-la-fondation-mozillaTristan NITOT est le fondateur de Mozilla Europe, il est aussi “Principal Mozilla Evangelist”.

Que pensez vous de l’avenir du logiciel libre ? Pensez vous que le logiciel libre
prendra le pas sur le logiciel propriétaire ?

La guerre n’est pas encore gagnée, loin s’en faut ! Cela dit, un certain nombre de batailles l’ont été.
En 1998, lors du lancement du projet Mozilla, personne ne comprenait ce qu’était le logiciel Libre.

Aujourd’hui, c’est différent : il est largement compris et adopté. Plus de la moitié des navigateurs sont aujourd’hui au moins en partie sous licence Libre. En 1998, c’était 0%. En 2004, moins de 5%. Le noyau Linux équipe la majorité des supercomputers 44 et la majorité des smartphones. On peut parler de victoire dans certains secteurs, mais pas de victoire absolue.

Les derniers mouvements de Google sont aussi inquiétants de ce point de vue-là :
http://arstechnica.com/gadgets/2013/10/googles-iron-grip-on-android-controlling-Open-source-by-
any-means-necessary/
La migration vers le Cloud Computing est aussi très préoccupante : le plus souvent, l’utilisateur n’a aucun contrôle du logiciel qui s’exécute sur le serveur qu’il utilise.

Retrouvez l’interview complète dans notre dossier.

Jeanne Tadeusz (April)

jtadeuszJeanne Tadeusz est responsable des affaires publiques dans l’association. Cette dernière existe depuis 1996. Aujourd’hui elle compte plus de 3500 membres dont majoritairement des personnes physiques mais aussi plus de 300 entreprises, collectivités locales et associations.

Sachant que le logiciel libre a une place de plus en plus importante au niveau des entreprises, est-ce que vous pensez qu’un jour le modèle Open Source remettrait en cause l’ancien modèle capitaliste ?

C’est difficile à dire. Il est important de se rappeler que le logiciel libre existait avant le logiciel propriétaire, c’est le logiciel propriétaire qui est apparu en deuxième. Au début, quand l’informatique s’est créée, les premiers développements étaient ceux des informaticiens qui partageaient leur code. S’ils trouvaient une nouvelle manière de faire quelque chose, ils donnaient le code à tout le monde et tout le monde pouvait le réutiliser. Il était ensuite possible d’améliorer le programme en fonction des besoins de chacun. C’est plus tard finalement, à partir des années 70, que nous avons commencé à avoir une fermeture. C’est quand il y a eu des entreprises de plus en plus importantes qui se sont crées autour de cela et qui ont déclaré “Nous non, le code, nous ne voulons pas vous le donner, il n’est qu’à nous, ou alors, il faut que vous nous payiez, pour que vous ne puissiez simplement que le voir, même pas forcément le modifier”. Donc finalement, c’est un après coup de voir ce modèle de logiciel propriétaire ou privateur.

C’est vrai que ce modèle privateur s’est beaucoup développé, on peut le regretter mais c’est comme cela, même si le logiciel libre est resté très important et très dominant dans beaucoup de domaines, Internet est un logiciel libre finalement et tout ce qu’il y a derrière, ce qui reste de toutes les façons évident. Après, concernant le logiciel très grand public, si on se base sur les logiciels que nousvoyons en premier, nous avons beaucoup de logiciels propriétaires aujourd’hui, mais nous voyons effectivement un retour vers de plus en plus de logiciels libres. Nous pouvons espérer et à titre personnel j’en suis persuadée, que nous allons avoir plus de logiciel libre. Pourquoi pas que du logiciel libre un jour, au fur et à mesure, ne serait-ce que parce que les gens commencent à comprendre ce que c’est que du logiciel, commencent à comprendre les questions que cela pose en terme de vie privée, en terme de possession de ses propres données avec des logiciels privateurs.

Donc je pense que l’évolution aujourd’hui, elle se fait d’abord au niveau des entreprises et des collectivités parce que l’impact est d’autant plus important. Il est même démultiplié quand on voit les révélations de la NSA , de Edward Snowden et d’autres en terme de danger et de ne pas maîtriser son système informatique. Cette évolution est aussi due à une sensibilisation toujours plus importante de tous les citoyens et le partage des connaissances, l’utilisation de logiciels libres auxquels tout le monde peut avoir accès devient de plus en plus un enjeu en terme de libertés. »

Retrouvez l’interview complète dans notre dossier.

Frédéric Aatz (Microsoft)

Présentez vous, quel est votre rôle au sein de Microsoft et de Microsoft Open Source Technologies ?

frederic-aatzMon nom est Frédéric Aatz, je suis responsable de la stratégie Open Source pour Microsoft France mais je ne suis pas MS Open Tech. J’aime bien me  présenter dans la stratégie Open Source car cela permet à la fois de faire Frederic Aatz, lever les sourcils et du coup cela permet de préciser les choses derrière.

Dans l’avenir vous pensez que cette cohésion de l’Open Source et du propriétaire peut continuer ? Quelles seraient les évolutions ?

Les clients veulent prendre les meilleurs des solutions, elles peuvent être dans certains cas les moins onéreuse, les plus fonctionnelles et cela quelque soit l’acteur derrière. C’est une question d’équation qu’ils arrivent à monter. Dans certains cas, ce seront des technologies propriétaires dans d’autres des technologies Open Source.

Comme disent les Américains “It’s here to stay”, j’irais même jusqu’à dire que la frontière est amenée à être complètement gommée plus on ira dans le Cloud. À un moment donné les gens achètent un service.

Retrouvez l’interview complète dans notre dossier.