Différents business models de l’Open Source

Les logiciels Open Source sont en général gratuits (dans le sens où l’on peut accéder au code source), on peut donc se demander comment vivent les entreprises qui produisent ce type de logiciels.
Nous présenterons ici 3 modèles différents, en s’appuyant sur les travaux de Chris Anderson qui est à l’origine du concept de la “longue traîne” (dans les années 90) et a également travaillé sur les modèles liés au “gratuit”.

Modèle « cross-subsidy »: ressources publicitaires, apport d’audience

Dans ce modèle, les revenus se font grâce à la publicité, c’est un modèle très répandu. Au niveau du consommateur cela peut se traduire par la présence d’une bannière publicitaire dans le logiciel.
Au niveau des logiciels Open Source, on retrouve ce modèle dans le partenariat bien connu : Mozilla/Google. Comme nous le savons, Mozilla est en majeure partie financée par Google. En effet, c’est une part importante des 311 millions de dollars de revenus générés par l’entreprise
Mozilla qui provient de chez Google. Mozilla propose d’utiliser le moteur de recherche Google par défaut dans Mozilla Firefox, ce qui apporte énormément d’audience (350 millions d’utilisateurs) au moteur de recherche. Plus il y a d’utilisateurs et plus il est simple pour Mozilla de négocier avec Google.

Le modèle Freemium :

C’est le modèle le plus répandu, le logiciel est gratuit mais les clients payent le service et éventuellement l’adaptation du logiciel à des besoins plus spécifiques. C’est le modèle de Red Hat 10 et de Linagora qui sont des sociétés de services en logiciel libre.
Certaines PME ont aussi adopté ce modèle : c’est par exemple le cas des entreprises membres du collectif Cap Libre, association qui regroupe des sociétés de services informatiques spécialisées en logiciels libres et Open-Source. A noter que les collectivités jouent un rôle essentiel auprès de ces entreprises car elles financent les développements de logiciels libres.

Réputation, rétribution :

Le logiciel est développé bénévolement, il n’y a pas d’argent en jeu, néanmoins, l’auteur du logiciel peut devenir connu. Cette réputation peut ensuite être monnayée dans le cadre de prestations de conseil, pour par exemple trouver un emploi!
C’est le modèle initial de tout logiciel libre.
Le développement d’un logiciel sous ce modèle pour être motivé par l’envie de combler un manque.
Prenons l’exemple de Liam McLoughlin, plus connu sous le pseudonyme de « Hexxeh » sur Internet. A l’âge de 17 ans, il développe une version dérivée du système d’exploitation Chromium OS (un système d’exploitation Open Source). Sa version inclut un meilleur support matériel ainsi qu’un système de mise à jour automatique. Il a donc comblé un manque de Chromium OS. Reconnu pour la qualité de son travail par la communauté de développeurs de Chromium OS, il travaille maintenant chez Google.