Les préjugés du modèle Open Source

Comme tous les modèles, l’Open Source souffre de certains préjugés, il s’agit ici de voir quels sont les critiques fondées ou non, et de les expliquer.

a) Les critiques non fondées

 

Il existe des critiques virulentes au sujet de l’Open Source qui n’apportent pas grand chose au débat, qu’elles soient faites par de simples utilisateurs ou des grands dirigeants d’entreprises. La théorie du complot de la création de Linux par des communistes voulant espionner les honnêtes gens n’est pas le moins du monde sérieux car le code des applications est vu de tous. C’est particulièrement vrai aujourd’hui alors que des affaires d’espionnage ont touché des logiciels et plates-formes propriétaires, dont le scandale révélé par Edward Snowden il y a peu.

linux-3Par exemple, certaines personnes pensent que vendre un logiciel en partageant le code source gratuitement est un véritable suicide commercial. Ceci est faux car la plupart des revenus des entreprises gérant des logiciels propriétaires sont polyvalents, incluant les licences, les services, ou parfois le support client. Par exemple, la société Red Hat vit en étant le leader mondial de l’Open Source sans monnayer forcément toutes ses licences.
De plus, dans le domaine de l’informatique, la demande est forte et les entreprises, qu’elles gèrent des logiciels Open Source ou propriétaires, se doivent d’attirer les développeurs avec des salaires attractifs.

Par ailleurs, toutes les entreprises sont libres d’utiliser le modèle qu’elles ont choisi pour leur logiciel. Il n’y a pas de risque d’écrasement du système de logiciels propriétaires par les logiciels Open Source grâce aux libertés de notre système politico-économique.

D’autres détracteurs insistent sur le fait que les entreprises ne tiennent pas à dévoiler leur code pour la simple et bonne raison qu’elle leur a coûté le travail de plusieurs salariés pendant une longue période. En fait, les entreprises Open Source sont soit fières de contribuer à améliorer les logiciels dans le monde, soit ont utilisé une partie du code écrit par d’autres entreprises Open Source. C’est pourquoi ces entreprises peuvent utiliser l’Open Source tout en faisant des profits car elles basent leur travail sur du code déjà partagé auparavant, tout en maintenant des profits avec la vente de services associés.

b) Les critiques fondées

Il existe cependant des arguments justes, qui témoignent de la difficulté de la généralisation de l’Open Source.
La migration de logiciels propriétaires aux logiciels Open Source peut s’avérer compliquée.
Ainsi, l’utilisation en entreprise de nouveaux logiciels Open Source, en bureautique par exemple entraîne de nouveaux coûts d’installation et de formation pour la majorité des employés. Cependant, il ne faut pas occulter le fait qu’une entreprise de taille moyenne peut économiser plusieurs centaines de milliers d’euros par an après cette migration. En effet, la migration vers ce type de logiciels a un coût mais permet d’investir dans le long terme.

Comme l’a souvent répété Microsoft avant son changement de stratégie, l’Open Source menace la propriété intellectuelle. La nuance est que seul le code propriétaire est soumis au droit d’auteur et non l’idée, c’est pourquoi le code de l’Open Source est différent du code propriétaire alors que l’idée est la même.

Ici, quoiqu’il arrive, tant que le code propriétaire n’apparaît pas dans les logiciels Open Source, il n’y a pas de problème au niveau juridique.
En définitive aujourd’hui, l’Open Source rencontre de moins en moins d’adversaires grâce à sa sécurité améliorée et sa polyvalence vers tous types d’applications et de supports.