Le modèle économique de Red Hat

Red Hat est une société américaine connue internationalement pour être le plus gros acteur du monde libre. En effet, il édite de nombreuses distributions GNU/Linux, c’est-à-dire, un ensemble de logiciel, principalement libres, autour du noyau Linux.

Commençons par un petit historique de cette entreprise qui a réussi à percer dans un monde où les entreprises milliardaires ne sont pas foison.

En 1994, Marc Ewing créa la distribution Linux « Red Hat Linux » surnommée Halloween. Elle fut rachetée par Bob Young, en 1995 et la fusion des deux entreprise forma Red Hat Software. Puis, Red Hat Software sortit Red Hat 2.0 qui fut le premier à utiliser RPM, le système de gestion de paquet, développé par Red Hat. A partir de là, Red Hat continua de sortir des versions de Red Hat Linux pour s’arrêter, en 2003, avec la version 9 du logiciel.

Red Hat décida de se concentrer sur une version entreprise de son logiciel : Red Hat Entreprise Linux ou RHEL. Ce logiciel, contrairement aux précédents, n’est plus distribué de manière gratuite dans son format binaire. Et pour palier à la perte de l’aspect communautaire de Red Hat Linux, Red Hat s’impliqua dans le développement de Fedora.

Officiellement, Fedora est développée par le Projet Fedora, c’est-à-dire l’ensemble de la communauté aidant le développement du logiciel éponyme, et soutenue par Red Hat, dont beaucoup d’employés aident dans la conception.

Grâce au développement de Fedora, Red Hat peut stabiliser ses logiciels avant de les intégrer à RHEL. Red Hat considère d’ailleurs Fedora comme un laboratoire permettant de tester les logiciels. En effet, comme le développement de Fedora est très communautaire dès qu’un logiciel rencontre un bug ou un quelconque problème, tout un ensemble de programmeurs peuvent aider à chercher une solution et donc, avec le temps, de stabiliser de plus en plus les logiciels.

Mais le business model de Red Hat n’est pas seulement la vente d’un système d’exploitation professionnel. Red Hat fonctionne aussi grâce au modèle économique plus classique de l’Open Source, c’est-à-dire avec qu’il vend des abonnements d’assistance, de formations et de services d’intégration personnalisés pour les clients utilisant des logiciels open source.

Finalement, on peut remarquer que, contrairement à d’autres sociétés, le business model de Red Hat est très classique pour une entreprise dont les logiciels sont en Open Source. Et pourtant, Red Hat fait, depuis 2012, plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaire.
Comme quoi, Open Source ne veut pas forcément dire gratuit.